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| Henry Paumier, pasteur fondateur de Plaisance |
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DANS LE QUARTIER DE PLAISANCE, UN PASTEUR ENTREPRENANT ET DYNAMIQUE: HENRY PAUMIER (1821-1899) Par Michel BarancyLe passé s'éloigne, les générations passent, les souvenirs s'estompent ... Dans la paroisse réformée de Paris-Plaisance et au sein du Foyer d'étudiantes de la rue Pernety, nombreux sont ceux qui ne savent guère quand et comment ces lieux furent créés. Surtout, ils ignorent combien fut féconde et variée l'oeuvre du pasteur Henry Paumier, dans ce quartier de Paris. Par le présent document, un ancien se propose de pallier cette lacune en décrivant brièvement ce qu'Henry Paumier y réalisa, durant la seconde moitié du 19ème siècle. Cette oeuvre est remarquable. En effet, dans cet "écart" du village de Vaugirard , le pasteur Paumier a créé et développé sous le second empire
- les terrains sont tous jointifs et situés dans la partie Ouest du quadrilatère formé par les rues de l'Ouest, Francis de Pressensé , Raymond Losserand et Pernety , - les constructions abritant le temple et les écoles sont, pour le moins, très imbriquées. Nous allons présenter les origines de ces organismes et, si elle est conséquente, esquisser leur évolution ultérieure. 1. La paroisse protestante de PlaisancePasteur auxiliaire puis adjoint de la paroisse de Pentemont, Henry Paumier crée la paroisse de Plaisance en juillet 1855. Celle-ci s'installe dans un local provisoire, pris en location, 97 rue de l'Ouest. Le premier culte est célébré peu après; Haussmann, préfet de la Seine ne peut y participer, mais le maire de Vaugirard est présent. En décembre1862, face à l'importance des besoins et à la vétusté complète des locaux, il est décidé de demander à la ville de Paris la construction d'un temple sur le terrain acheté par le pasteur Paumier dès 1860. La ville de Paris, donne en mai 1864, son accord pour la construction d'un "lieu de culte protestant" et d'un groupe scolaire; mais, en raison de divers avatars, ce n'est qu'en 1879 que le nouveau bâtiment est inauguré. La paroisse traverse ensuite une période difficile, qui cessera avec l'arrivée du pasteur Edouard Sautter, gendre d'Henry Paumier. [Pour l'évolution ultérieure, on peut consulter utilement l'ouvrage de Robert Villate ] 2. Les écoles de PlaisanceLe pasteur Paumier ouvre une école de garçons également en 1855. Dès 1856, elle compte 44 élèves. Ce succès conduit à créer une école de filles. La construction d'un nouveau bâtiment a été évoquée au paragraphe précédent sur La paroisse protestante de Plaisance. Mentionnons toutefois ici que la question du maintien du caractère confessionnel des écoles a entraîné des difficultés et des retards. Ces difficultés n'ont pu se résoudre qu'en 1891, moyennant une transaction entre le pasteur Paumier et la Ville de Paris; par cette transaction passée devant notaire , les écoles deviennent laïques et les nombreuses communications entre les écoles et le temple sont supprimées. Le texte de cet acte et les cinq plans annexés décrivent avec précision les nouvelles frontières entre les deux propriétés . [Les inscriptions gravées au-dessus des trois portes ouvrant sur le pignon du temple rue de l'Ouest illustrent aujourd'hui les tractations de 1891; en effet: - à gauche l'inscription ÉCOLE DE GARÇONS a été grattée , - au milieu, on lit ÉGLISE RÉFORMÉE PLAISANCE, - à droite, l'inscription d'origine - probablement École de filles - a été modifiée; on lit maintenant ÉCOLE COMM.le LAÏQUE DE FILLES] Aujourd'hui, ces écoles sont une annexe (métiers du bois) du lycée technique Léonard de Vinci (20, rue Bourseul, 75015 Paris) 3. L'orphelinat de jeunes filles protestantes de PlaisanceC'est en 1855 également que le pasteur Paumier crée dans le hameau de Plaisance - 14 rue du Transit - l’orphelinat de jeunes filles protestantes de Plaisance. En 1863, l'orphelinat s'installe 63 rue Pernety, dans une maison construite, entre cour et jardin, par M. Paumier, sur un grand terrain acquis également par lui. L'orphelinat pouvait recevoir et éduquer une soixantaine d'enfants. En 1867, cette oeuvre reçoit une médaille d'argent de la société des apprentis. En 1868, M. et Mme Paumier font à l'oeuvre une première donation de biens meubles et immeubles; ils créent ainsi la Fondation de l'Orphelinat et ils en déposent les premiers statuts. La Fondation est reconnue d'utilité publique par décret impérial du 25 juillet 1870. En 1940, l'orphelinat est fermé. En 1946, suite à l'évolution des moeurs et à la création des prestations familiales, le Comité de la Fondation et le Conseil presbytéral de la paroisse de Plaisance décident de créer des chambres pour des jeunes filles isolées et d'aménager le deuxième étage en presbytère. Pendant près de quarante ans (1948-1986), la direction du Foyer fut assurée par l'épouse du pasteur. Vers 1930, la Fondation donne en location, avec autorisation de construire, une partie du terrain donnant sur la rue Francis de Pressensé. En 1974, Frédéric Mitterrand y crée ce qui est aujourd'hui le complexe (cinémas, conférences, musique, restaurant ...) dénommé l'Entrepôt. En 1971, l'oeuvre prend son nom actuel de Fondation Paumier-Vernes, Foyer protestant d'étudiantes. Actuellement, le Foyer d'étudiantes accueille et héberge environ 35 jeunes filles. Aujourd'hui les trois établissements fondés en 1855 par le pasteur Henry Paumier sont bien vivants: Les liens entre le Foyer protestant d'étudiantes et la paroisse de Plaisance se sont, comme il est naturel, relâchés. Néanmoins, ces liens subsistent à travers les personnes engagées dans les deux organismes; en particulier, un siège au Conseil d'administration de la Fondation est réservé statutairement au pasteur de Plaisance. La laïcisation des écoles fait que les relations entre celles-ci et les autres organismes créés par Henry Paumier sont de simple bon voisinage. Sources principales - Robert Villate : Une paroisse protestante, Plaisance - 1855-1955 (Berger-Levrault 1956) - Fondation Paumier-Vernes: Historique et données principales (doc. interne) - Actes notariés: Donation Paumier dite "réitérée"(1871) et Transaction sur les écoles (1891) - Eric Bungener : Les filiations protestantes (éditions familiales) - Didier Sautter: correspondance avec l'auteur (2003) - Le Miroir de l'Histoire: Les grandes heures du quartier de Plaisance (mai 1956) Michel Barancy (décembre 2008) Destinataires : • Famille Sautter (Mme J. Sautter-van Donselaar) • Présidente du CP/ERPP • Présidente du CA/FPV ANNEXE La famille Paumier Henry Paumier ((1820-1899) épousa Marie Vernes (1824-1881) De cette union sont issus cinq enfants: - Sophie P. ((1852-1932) qui épousa Albert Bouffé (1839-1911) - Félix P. (1854-1921) qui épousa Amélie Esprit (1863-1948); ils eurent 3 enfants, lesquels décédèrent sans postérité - Marguerite P. (1855-1885) qui épousa Albert Boissier (1849-1917) - Anna P. (1856-1945) qui épousa Ernest Siegler (1847-1930) - Gabrielle P. (1861-1940) qui épousa Edouard Sautter; ce dernier fut pasteur de Plaisance; ils eurent trois enfants Evelyne, Louis et Jean; les descendants d'Edouard Sautter sont nombreux |

